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Avelofodelo

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Léa et Tim

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Bonne lecture.

Fête de retour aux Mollettes

Fête du retour, le 26 juin 2011 aux Mollettes (Savoie)

Fete-aux-Mollettes.Photo_A.Bernes.R.JPG

Photo Agnès Bernès, Le Dauphiné libéré.

16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 06:50

 

Jeudi 30/09 : Potosi – Tupiza, 305 kms, 2950 m.

 

Vers 9h30, nous enfourchons Fanlabise et Cassbizou. La sortie de Potosi est très difficile et pénible car les rues sont pavées et de pente très raide. Nous montons et longeons les chemins d’accès aux mines…la poussière est déjà là. Au bout de 9 kilomètres de montée qui nous mène de nouveau à 4300 mètres d’altitude, voici un relief vallonné. Nous sommes toujours dans le paysage désertique des hauts plateaux.

 

Départ de Potosi 6

 

Nous nous reposons pour pique niquer dans un village près du terrain de jeux et de sport des enfants. C’est l’heure de la sortie d’école. « Buenas tardes los ninos ». Nous reprenons la route sous l’œil attentif et intrigué des enfants. Ce n’est pas la première fois qu’au passage de nos deux attelages, les enfants s’exclament et rient. Nous pensons que Tim, si petit derrière son papa si grand, est une scène comique.

 

10 kms d’une belle descente et nous voici à 2500 mètres dans une vaste plaine à Cuchu Ingenio. Nous retrouvons quelques arbres, une grande ligne droite et d’un coup, après 55 kilomètres, la route asphaltée cède la place à la piste de terre et de pierres, ondulée.

Nous nous essayons à ce nouveau terrain mais les tandems n’apprécient qu’à moitié et se cabrent. Les casseroles cliquettent, les sacoches branlebalent, les enfants grincent et Anne-Claire toussote dans la poussière soulevée au passage des véhicules. Il est déjà 16h00.

Ni une ni deux, comme nous l’avions convenu dès notre départ ce matin, nous jetons un enfant sous les roues d’un camion pour le faire arrêter. Mauvaise pioche.

Deuxième tentative, efficace. A la vue du visage des enfants poussiéreux et fatigués, le chauffeur accepte de nous charger dans sa remorque à ciel ouvert. Trois autres adultes sont déjà présents à l’avant, dont une femme qui se tord de douleurs. Pourvu qu’elle n’accouche pas en route !

 

Vue du camion 1

 

Les tandems trouvent leur place entre pile de planches et porte arrière d’un côté, les sacoches et nous de l’autre sur des tôles, et c’est parti. Marc essaie de tenir les vélos, debout à leur côté mais doit se cramponner de toutes ses forces, tellement ça secoue. Un vrai rodéo. Léa, Tim et leur maman sont scotchés à terre et admirent le ciel. Comment rester indifférent devant une telle variété de gris des nuages de poussières !!!!

 

Ce n’est qu’au bout d’un certain temps et après la première chute de Marc, que nous trouvons une courroie pour amarrer Fanlabise et Cassbizou. Il faut dire que le voyage s’annonce long et chaotique.

Après avoir étudié une stratégie pour nous lever et nous déplacer, nous réussissons à nous jucher sur la pile de planches, à nous agripper aux ridelles et admirer un désert de cailloux et d’épineux, dans lequel parviennent à subsister quelques cactus les plus tenaces.

Nous nous excusons de ne pas pouvoir fournir de documents photographiques qui auraient pu illustrer cette traversée épique. Dans le cas contraire, nous aurions pris le risque de compromettre la photothèque de la suite du voyage. C’aurait été ballot !!!

 

Dans le camion

 

A tiens un village : Vitichi, perdu dans cette région désertique.

Deux heures sont passées et les vessies commencent à être très tendues. Que faire ?

Grâce à la formation de Marc à Véloland et aux multiples astuces qu’il a su engranger, avec son opinel, il nous fabrique un urinoir en deux temps trois mouvements, avec la bouteille de coca cola, vidée de son contenu (qui a mis nos vessies sous pression). Les garçons, adossés dans un angle de la remorque utilisent ce système ingénieux avec dextérité, sous le regard interloqué de la femme bolivienne enceinte, qui d’ailleurs pourrait utiliser notre accessoire de voyage le cas échéant. Pour les filles, c’est une autre histoire…

 

Les heures défilent, le soleil se couche et la nuit tombe, comme le duvet du petit poussin de Bresse se détache à la période de la mue. C’est pour dire que la nuit tombe sans faire de bruit et que, si elle en avait fait, nous n’aurions pas pu l’entendre car il aurait été couvert par le vacarme du camion surfant sur la tôle ondulée de la piste.

 

Vers 20h00, le chauffeur s’arrête à Santiago de Cotagaita pour prendre son dîner. Pour nous, ce sera un paquet de chips. Trois autres hommes montent dans la remorque pour une heure de parcours. C’est le taxi à bon marché.

Vers 23h00, après avoir déchargé, en plein milieu de nulle part, les planches, les tôles et les trois premiers voyageurs, nous nous retrouvons seuls à bord et prenons place sur les sacs de riz, à l’avant de la remorque. Nous nous couvrons avec les couvertures de survie car il fait froid et toujours beaucoup de poussière vole sur nous. Nous essayons de dormir…sous un ciel étoilé magnifique.

Vers une heure du matin, après 9 h00 passées dans notre carrosse, nous arrivons à Tupiza, et nous laissons au chauffeur, à sa demande, 50 bolivianos (5 euros) pour le transport.

Quelle drôle d’ambiance que de monter sur nos vélos, en plein milieu de la nuit, avec deux petits lascars endormis, sans savoir où aller, mais avec la conviction que nous trouverons un lieu pour dormir en sécurité. Nous arrivons devant le « Tupiza hostal » et toquons à la porte…qui s’ouvre. Alfredo, tout endormi, nous aide à rentrer tous nos bagages. Fanlabise et Cassbizou dormiront dans le patio. Une grande chambre de 5 lits nous tend les bras. Le temps d’une boisson chaude et tous au lit… Il est 2h00 du matin et nous nous endormons soulagés et conscients de la chance qui a été avec nous encore aujourd’hui.

 

La journée qui suit se déroule tranquillement à l’hôtel : grasse matinée, grande lessive, nettoyage des sacoches, des chaussures, révision des tandems. Nous apprécions de pouvoir nous servir de la cuisine, pour chauffer de l’eau, cuisiner un petit repas.

Découverte de la ville de Tupiza, plantée à 2950 mètres d’altitude au milieu d’un cirque de montagnes rouges. Retrait d’argent, courses et inscription auprès de l’agence « Tupiza Tour » pour partir 4 jours dans le Sud Lipez.

 

Du samedi 02/10 au mardi 05/10 : visite du Sud Lipez.

 

1er jour :

 

A 8h30, nous sommes fins prêts à l’agence et faisons connaissance avec Magali, cuisinière et son mari Victor, chauffeur et guide. Nous chargeons le 4X4 et c’est parti.

 

Le Sillar 3

 

Nous sommes confortablement installés, Tim et Léa tout derrière, Anne-Claire et Marc au milieu, Victor et Magali à l’avant.

Nous quittons Tupiza par le village de Palala, contrôle de police et partons par la piste qui traverse la région du Sillar.

 

Le Sillar

 

Nous allons parcourir plus de 200 kilomètres à travers montagnes et plateaux, savourer les « tamales », spécialité de Tupiza au maïs, voir le centre minier de Chillcobija, passer les villages très isolés de Cerrillos, puis Polulos.

 

Il est presque 18h00 lorsque nous arrivons à San Antonio de Lipez, le village d’étape.

 

Léa à San Antonio de Lipez

 

Nous nous installons dans une auberge, la chambre est sommaire avec chacun un lit qui accueillera nos duvets. Nous sommes de nouveau à haute altitude. Dehors, il fait froid, le vent est glacial.

Il ne fait guère plus chaud dans la salle à manger. Magali, aidée de Léa et Tim pour écosser les petits pois et les fèves, nous a cuisiné un excellent repas (soupe de légumes, puis purée de pommes de terre avec le « saice », spécialité de viande hachée cuite avec légumes), un maté et au lit, au chaud dans les duvets glissés sous trois couvertures.

 

2ème jour :

 

Réveil à 5h00 car la journée va être longue.

 

Hébergement San Antonio de Lipez

 

Nous partons à 6h00.

Toujours beaucoup de troupeaux de lamas, de vigognes, d’ânes.

 

La route descend sur les ruines de l’ancien village de San Antonio de Lipez, abandonné depuis trois siècles (à cause de la baisse d’activité de la mine, du fait que les hommes étaient exploités par les espagnols et à cause de la rudesse du climat du à l’altitude et au froid).

 

Ruines du vieux San Antonio Viscacha

 

Aujourd’hui ce village est habité par les viscachas. Nous sommes émerveillés de les voir enfin ! Ils ressemblent à de gros lapins, ont la couleur des roches et herbes qui les entourent, et sautent comme des kangourous.

 

Après 2h30 de piste, nous passons un col à 4855 mètres d’altitude. Nous sommes tout émus d’être plus haut que le Mont Blanc.

 

Plus haut que le Mont Blanc

 

Nous descendons sur la Laguna Morejon, qui contient du borax et du souffre, ce qui lui confère sa couleur blanche.

A notre gauche, nous apercevons la Cordillère de Lipez, avec en face de nous son plus haut sommet, le volcan Uturunku, 6008 mètres. A notre droite, la Cordillère des Andes.

 

Nous arrivons alors à l’entrée de la Réserve Eduardo Avaroa, créée en 1973. C’est une réserve nationale de la faune andine, d’une superficie de 7147km. Depuis le mois de mai de cette année, les étrangers doivent payer un droit d’entrée de 150 bolivianos (un prix fort pour la région).

 

Nous longeons la Laguna Hedionda Sud et admirons les premiers flamants roses, caressés par un vent violent et glacial.

 

Laguna Hedionda sud

 

La laguna Kollpa contient, quant à elle, un minerai utilisé pour la fabrication de produits détergents.

 

Nous traversons le Salar de Chalviri, qui contient du borax.

 

Salar de Chalviri 4

 

Les boliviens le vendent à prix bas aux Chiliens qui l’exploitent pour la fabrication d’ustensiles, de vitres.

 

Au bout de ce salar il y a une partie en eau et une source d’eaux chaudes. Halte pour le bain et le déjeuner.

Quel bonheur de se plonger dans une eau à 37°C, délicieuse, qui nous réchauffe alors qu’à l’extérieur, souffle toujours ce vent glacial et que nous sommes toujours à plus de 4500 mètres.

 

Eaux thermales

 

Quel bonheur de déguster le repas préparé par Magali, délicieux et complet. Nous apprenons qu’elle se lève plus d’une heure avant nous le matin pour cuisiner et préparer les repas.

Nous reprenons la piste et fonçons droit vers le désert de Salvador Dali.

 

Désert de Salvador Dali

 

C’est l’un des plus beaux déserts du monde, insolite par ses élégantes coupes de pierre taillées par le vent et qui émergent du sable, dans une symphonie de couleurs chaudes. Bel hommage au peintre catalan.

 

Puis la Laguna Verde : la pointe de la Bolivie, le monde du bout du monde. Elle est l’un des sites préférés des grands photographes de National Geographic à la Nasa qui a immortalisé sa couleur unique depuis la navette spatiale.

 

Laguna verde 2

 

Avec le volcan Licancabur dans le fond, 5950 mètres, le paysage est sublime. Petite pensée émue pour le désert d’Atacama juste derrière et les côtes chiliennes

La Laguna Verde contient du manganèse, du cuivre et de l’arsenic. Pour qu’elle présente sa belle couleur verte, il faut le soleil et un peu de vent. Ce jour là, à l’heure H où nous l’admirons, le soleil est caché par les nuages, et il y a beaucoup de vent, elle a donc une robe de couleur vert pâle. C’est ainsi… la nature est comme elle est.

 

Quelques dizaines de kilomètres plus tard, nous roulons plein nord et nous nous élevons à 5010 mètres d’altitude pour redescende et approcher les Geysers Sol de Manana.

 

Les geysers Sol de Manana 3 Les geysers Sol de Manana 2

 

C’est impressionnant, ça sent le souffre, les vapeurs sortent des cratères et dégagent une chaleur qui contraste avec le froid saisissant ambiant.

Une chose est sûre : certes la Terre est ronde mais elle a comme tout le monde un devant et un derrière.

 

Encore un désert et nous arrivons au village de Huaylliara, pour y passer notre deuxième nuit, en compagnie d’autres voyageurs, dont Marc, un belge, venu pour danser le tango à Buenos Aires.

 

3ème jour, le 4 octobre, anniversaire de Tim

A 7h du matin, alors que les yeux de Tim peinent à s’ouvrir, Magali et Victor nous rejoignent au petit déjeuner, apportant à Tim un gâteau, confectionné dans la nuit, avec 7 allumettes en guise de bougies.

 

7 ans de Tim à Huaylliara 1 7 ans de Tim à Huaylliara

 

« felicidade Tim » pour tes 7 ans.

Bon anniversaire à notre grand garçon. Merci pour la joie de vivre que tu nous apportes chaque jour, merci pour ton audace et ta créativité, pour tes blagues et ta bonne humeur.

 

Il est 7h30 lorsque nous partons pour la Laguna Colorada, 4600 mètres.

 

Laguna Colorada 7

 

Dans ce lac, des micro-organismes vivent une minute. En mourant, ces algues se transforment en pigment rouge, qui donne à l’eau sa couleur. Les flamants roses les mangent, ce qui apporte à leurs plumes ce pittoresque nuancier de rouge.

 

Laguna Colorada 21 Laguna Colorada 24

 

Nous quittons à regrets cette merveille et commençons la traversée du désert de Siloli.

Côté Chili, la Cordillère volcanique aux couleurs de rouge, ocre, brun, marron, vert, blanc, sur fond d’un ciel au bleu parfait. Que de beauté !

A droite des pierres gigantesques. Nous nous mettons quelques instants à l’abri du soleil sous l’arbre de pierre, pendant que Léa et Tim entament une partie de cache-cache en escaladant les rochers. Un beau terrain de jeu.

 

Arbre de pierre 1

 

A peine rassasiés de ce spectacle, nous voici de nouveau repartis vers d’autres merveilles. L’excursion est enivrante, c’est trop…non ce n’est pas trop.

 

Nous traversons une vallée lunaire, la piste monte, descend et emprunte le lit d’un rio à sec. Un viscacha nous salue au passage.

 

Après un rapide passage au large de la Laguna Ramaditas, nous roulons droit sur la Laguna Honda.

 

Laguna Honda

 

Sur ses bords, sept élégantes vigognes flânent à quelques mètres d’un ballet de flamants roses. Nous sommes scotchés et laissés sans voix, ce qui représente les conditions idéales pour prendre de multiples photos. La carte mémoire de l’appareil est à la limite de la rupture.

 

Laguna Honda 11 Laguna Honda 4

 

Nous saluons la Laguna Charcota de loin et ses couleurs marron et orange et faisons la pause pique nique au bord de la Laguna Hedionda, de couleur bleu et blanc. Comme toutes les autres lagunes, ses couleurs varient selon l’orientation de soleil.

 

Laguna Hedionda 11

 

Nous repartons plein est, passons deux autres lagunes. A notre gauche nous pouvons voir au loin les fumerolles du volcan Ollaque, le seul encore actif.

 

Volcan Ollague

 

Lors de la traversée de la Vallée de roches, nous nous essayons à la chasse aux viscacha. Armés de nos épluchures, nous tentons de les approcher, en vain.

 

Viscacha 4

 

Nous rejoignons la grande piste qui va de Uyuni à Calama au Chili. Victor conduit son 4X4 d’une main de maître. La journée a été fatigante, nous sommes crevés et v’là t y pas qu’un des pneus en fait autant. C’est ça l’aventure.

 

4ème jour :

Nouvelle surprise : sur la table du petit déjeuner trônent le dessert préféré de Léa : des panqueque !!!

 

Victor et Magali tiennent à s’arrêter à San Cristobal et à nous raconter l’histoire de ce village, complètement lié à celle de la mine.

Il y a 10 ans, des chefs d’entreprises japonaises, américaines, canadiennes, chiliennes sont arrivés pour exploiter les mines du cerro. Ils ont fait raser le village pour le faire reconstruire plus à l’écart de la montagne. L’église a été reconstruite pierre par pierre. 5 à 6000 personnes vivent à San Cristobal et les hommes de tous les environs viennent travailler à la mine.

Le village est bien équipé de l’électricité, d’une piste d’atterrissage. Les familles ont le téléphone, la TV et gagnent bien leur vie. Ainsi elles ont arrêté de cultiver la quinoa qui rapporte de faibles revenus. Les hommes travaillent avec des machines, ce qui permet d’extraire d’énormes quantités de minerais.

Pour les autres mineurs et notamment ceux de Potosi, cette mine de San Cristobal est un gros scandale. Ils aimeraient la faire arrêter mais n’ont aucun pouvoir pour cela.

Toute exploitation de mine nécessite une grande quantité d’eau, qui va se trouver rejetée dans la nature, chargée de produits chimiques contaminants, ce qui représente un danger pour la santé des hommes. A terme cela risque aussi d’assécher les réserves naturelles et toutes les lagunes environnantes.

A méditer…

 

Nous roulons droit sur Uyuni, en ne manquant pas d’apercevoir au loin le salar et de nous arrêter au cimetière de trains.

 

Cimetière de train Uyuni 1 Cimetière de train Uyuni 25

 

Nous grimpons sur l’un d’entre eux et effectuons, à vive allure, le tour de la ville, ce qui nous change du 4X4.

 

Cimetière de train Uyuni 22

 

100 kilomètres plus loin, Victor et Magali choisissent le village abandonné de Santa Ana pour la pause pique nique. Là aussi, une longue histoire avec la mine, aujourd’hui totalement laissée à l’abandon, comme si des hommes y travaillaient encore hier. C’est bouleversant et les images de Oradour sur Glane nous viennent à l’esprit.

 

Santa Ana 4 Santa Ana 18

 

Il y a quelques années, l’Europe a contribué avec la Bolivie à un programme de traitement des eaux acides des mines. Aujourd’hui tout est arrêté.

 

Il nous faut encore quelques heures pour revenir à Tupiza par les hauts plateaux, puis le canyon de Salo.

 

Canyon de Salo 1

 

Victor et Magali sont si fatigués qu’ils laissent les enfants conduire le 4X4. Pendant ce temps, nous admirons le paysage.

 

Léa et Tim

 

Ca y est, la piste se met à descendre vers le village de Salo situé à 3400 mètres. Nous perdons de l’altitude. Nous trouvons les premiers arbres verts, les champs qui attendent les cultures. C’est la période des semailles.

 

Encore 30 kilomètres, nous saluons la Poronga au passage

 

La Poronga 2

 

 et c’est l’arrivée à Tupiza.

Nous sommes comme ivres de cette plongée de 4 jours au cœur d’un des plus beaux sites de la planète. Cette excursion de toute beauté dans le Sud Lipez a gravé en nous des images exceptionnelles de la Bolivie .

Nous gardons la perception que la Bolivie est un pays marqué par une histoire douloureuse, faite de dominations, dont elle a été et est encore victime. Les Boliviens donnent l’impression d’être un peuple particulièrement préoccupé pour subvenir à ses besoins quotidiens. Leur monnaie est toujours faible et leur endettement ne leur permet pas d’investir dans des moyens modernes pour exploiter les gigantesques ressources naturelles qui sommeillent sous leurs pieds.   

 

Laguna Hedionda 18

 

La tête remplie de toutes ces questions et de toutes ces merveilles, nous nous endormons pour une courte nuit, car demain, nous devons nous rendre à la gare à 3h30 du matin pour prendre le train qui nous conduira à la frontière aux portes de l’Argentine.

 

 

 

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 00:00

  Du samedi 18/09 au mercredi 22/09 : Oruro – Potosi, 325 kms, 4090 m.

 

1er jour :

Nous quittons Freddy et Sonia vers 15h30 pour 52 kilomètres de plat et arrivons au village de Poopo alors que la nuit tombe. Nous allons à « l’alojamiento » repéré la veille avec Freddy et trouvons la dernière chambre libre à 3 lits que nous devons partager avec une autre femme. Tim, malade, dort avec sa maman, Léa avec son papa.

 

La nuit est horrible car le village est en fête : la fanfare joue une rengaine jusque tard dans la nuit, avant de s’interrompre pour reprendre à 6h00 du matin. Entre temps, la sono crache d’autres musiques quechua-rock, lancées par un animateur bien en forme. Sur les brefs moments d’accalmie, entre 1 heure et 2 heures du matin, v’là t’y pas que notre voisine de chambrée se met à téléphoner dans la nuit noire et à haute voix, ce qui nous fait sursauter. Les appels se renouvèlent à maintes reprises car elle guide son fils pour qu’il arrive jusqu’à elle. Vers 2 heures, le jeune homme frappe à la chambre et vient se glisser sous les couvertures de sa mère.

 

2ème jour :

Nous émergeons d’une nuit quasi blanche. Nous chargeons les tandems en essayant d’éviter le chien de la famille, qui a chopé le mollet d’Anne-Claire la veille et qui, d’après nos sources de renseignements, aurait la rage !!!!!

 

Tim a encore 38°9 et avec un doliprane, il remonte vaillamment sur Cassbizou. Nous roulons 37 kilomètres à plat, à 3700 mètres toujours, dans un paysage de pampa et de grandes lignes droites jusqu’au pique nique.

 

Au moment de repartir, le docteur Gonzalès vient nous saluer, avec ses vaches et son chien, qui pisse sur nos sacoches, le chien et pas le docteur. « Es asi » dit le docteur et pas le chien.

 

Nous reprenons la route pour arriver à Challapata en début d’après-midi. Pendant que les filles font les courses, Tim s’endort sur le trottoir dans les bras de son père. Nous allons dans un « residencial » et nous nous installons dans une chambre à 2 lits, pour les parents. Tim et Léa dormiront sur les matelas posés au sol. Après le travail scolaire et un repas au resto, nous nous écroulons, terrassés par la fatigue et le manque de sommeil !!!

 

3ème jour :

La nuit, au chaud et au calme, a été réparatrice. Nous nous réveillons en pleine forme sauf Tim qui culmine toujours à 38° et toujours aucun autre symptôme. Nous chargeons les tandems à l’angle d’une rue très animée. Un bolivien veut acheter le tandem, mais Fanlabise se cabre et fait comprendre au brave homme qu’il n’est pas à vendre.

 

Sur la route de Potosi 2

 

Après quelques kilomètres de plat, nous attaquons la montée par une belle route, entre montagnes aux versants abruptes. La route est agréable, car vallonnée et avec peu de trafic. Après 74 kilomètres, nous trouvons à planter la tente en pleine pampa, un peu à l’écart de la route. La nuit est plutôt douce car il ne fait que 0° dans la tente, température idéale de conservation de 4 cyclotouristes.

 

4ème jour :

Le réveil de 5h30 se fait dans la crise familiale : les enfants râlent, Tim n’a plus de fièvre mais gémit, Léa a froid et refuse de se lever. Anne-Claire, en petite forme manque d’énergie pour s’activer et Marc, en grande forme, voudrait partir.

 

Le départ se fait quand même alors que nous ignorons que tant de montée nous attend. C’est une journée éprouvante, mais qui nous fait traverser de magnifiques paysages, et notamment une zone géologique de toute beauté avec des couches de terre et de pierres vertes, blanches, rouges, un petit canyon.

 

Sur la route de Potosi 5

 

Nous repassons à une altitude de 4290 mètres et replongeons dans une descente, convaincus qu’elle nous conduira jusqu’à Potosi, mais l’illusion est de courte durée : nous voyons bien que là, en bas, devant nous que ça remonte. 63 kilomètres suffisent pour aujourd’hui et nous trouvons un coin pour camper…à 50 mètres de la route, un peu en surplomb.

 

5ème jour :

Au réveil, Anne-Claire est malade, fièvre, pas de force, tousse. L’air froid est irrespirable et douloureux. Nous prenons la décision d’arrêter un camion pour les 60 kilomètres restants, après avoir refait notre réserve d’eau avec le filtre. Le premier camion qui arrive s’arrête.

 

Bonjour Marques. Il est vieux, long, lourd (le camion) car il transporte de la ferraille. Nous chargeons tandems, sacoches et Marc dans la remorque à ciel ouvert. Anne-Claire, Léa et Tim s’installent dans la cabine. Le véhicule est lent en montée et pas plus rapide en descente mais au moins, on se repose.

 

Marques est gentil. Il s’intéresse aux enfants, nous propose de l’eau, lui-même termine une bouteille et la jette par la fenêtre. Qu’importe…la nature est une vraie poubelle par endroits et une de plus !!!!

Il a un grand besoin de nous parler mais nous avons beaucoup de mal à le comprendre. Nous saisissons quand même qu’il vient de La Paz, qu’il a roulé de nombreuses heures et qu’il est fatigué.

 

Au bout d’un moment, il attrape une petite fiole d’alcool fort et s’envoie quelques rasades. Ca semble lui faire du bien, toutefois cela ne suffit pas. Il sort alors un paquet de feuilles de coca, en engouffre une cinquantaine dans la bouche et prend aussi sa poudre blanche pour accélérer le tout.

Et hop, une nouvelle rasade d’alcool. Et voici maintenant la musique à fond qui lui donne des envies de danser. Il attrape le bras de Tim pour lui faire faire quelques brassées de danse. Se met à se dandiner, tout en tenant son volant d’une main.

Et hop, une autre rasade d’alcool…

Il répond au téléphone, tout en dansant, et en tenant son volant. Le camion va d’un bord de la route à l’autre et Marques le ramène dans sa voie.

 

Gros soulagement de l’équipage, qui vit ces instants les mains crispées au cuir usé des sièges. A notre arrivée, Marques est encore alerte pour grimper dans la remorque et aider Marc à décharger les affaires.

Il est midi passé, nous sommes à Potosi, Marques n’a déjà plus les yeux en face des trous, mais il repart… sur les routes.

 Potosi 2

 

 

Nous demandons notre direction à maintes reprises et devons nous hisser sur le flanc du Cerro Rico pour atteindre notre hôtel « Le Felcar » et nous y installer.

 

Résidence Felcar 1

 

Tim et Anne-Claire consultent un médecin de la Croix Rouge qui prescrit un antibiotique pour chacun. Soulagement car les poumons ne sont pas touchés.

Pour fêter cela, nous allons au restaurant El Fogon prendre un bon repas.

 

De jeudi 23/09 à mercredi 29/09: Séjour dans une ville minière.

 

« Un jour le monde devra demander pardon à Potosi » écrit Eduardo Galeano, dans « Les veines ouvertes de l’Amérique latine ».

 

A plus de 4000mètres d’altitude, frappée par le blizzard des Andes et son soleil si proche, s’étale cette ville impériale, la huitième merveille du monde selon le chroniqueur espagnol du XVIIème siècle Don Diego de Ocana.

 

Eglise à Potosi Potosi Place du 10 novembre

 

Après trois siècles de fastes, Potosi, cet ancien centre du Nouveau Monde est aujourd’hui une ville endormie, gisant au pied de ce qui fut à l’origine de sa gloire, le Cerro Rico. Les 33 églises et couvents, les impressionnantes maisons coloniales et la fabuleuse Casa de la Moneda sont restées figées, comme un décor de théâtre immuable. Parfois cependant l’émerveillement cède à la tristesse.

 

Potosi 9 Potosi 5

 

Visite d’une mine

 

Anne-Claire étant terrassée par le mal et, qui plus est, atteinte d’une claustrophobie récurrente, Marc s’arme de son espagnol le plus redoutable et part se renseigner auprès des agences pour la visite d’une mine. Il revient triomphant à l’hôtel, avec Jacqueline, gérante de l’agence Tourismo Claudia. Jacqueline propose pour le lendemain, la visite de la mine avec les enfants, alors que nos sources d’informations nous avaient déconseillé de l’envisager pour eux. Elle propose aussi des remèdes à Anne-Claire et nous invite à l’anniversaire de sa nièce dimanche. Cadeau du ciel !

 

Cerro Rico

 

Le lendemain, un mini bus vient nous chercher à l’hôtel. Nous sommes excités et stressés car nous nous attendons à des conditions de visite difficiles. Certains parlent de « Germinal » vécu en direct au 21ème siècle. Le doute est toujours là : est-ce bien la place des enfants ?

 

Jacqueline a trouvé des vêtements et bottes pour Léa et Tim. Nous voici équipés, tous les trois au milieu d’un groupe de huit personnes avec le guide.

 

Visite d'une mine du cerro Rico 1

 

Le bus nous conduit dans un magasin, où nous achetons feuilles de coca, alcool, dynamite, boissons pour distribuer aux mineurs et c’est parti.

Nous nous engouffrons dans une galerie étroite, munis de nos lampes de fond, et progressons dans la boue. Nous rencontrons trois mineurs qui poussent un lourd wagonnet.

 

Visite d'une mine du cerro Rico 10

 

Chacun a fait son « acullico » niché dans la joue. Cela consiste à prendre une cinquantaine de feuilles de coca que l’on place une par une dans la bouche, toutes du même côté. On ne les mâche pas mais on les laisse macérer doucement pour en extraire le jus petit à petit. Les gens utilisent aussi un produit appelé « llijta » (un agent alcalin ou catalyseur pour accélérer le tout).

Au Pérou et en Bolivie, la feuille de coca est tolérée. Les mineurs l’utilisent pour lutter contre la fatigue, la faim, le sommeil et les douleurs.

 

Plus loin, nous nous arrêtons pour observer « El Tio », déité diabolisée par les espagnols et protectrice des mineurs, qui lui donnent en offrande feuilles de coca, alcool et cigarettes.

 

Visite d'une mine dieu Tio 1

 

Nous nous enfonçons encore dans les entrailles du Cerro Rico, parfois plié en deux, ça monte, ça descend et nous rencontrons des mineurs au travail auxquels nous offrons quelques produits en échange de les voir travailler. Tim essaie de frapper la roche avec la massette et la barre de fer. Dur dur !

 

Visite d'une mine du cerro Rico 25

 

Après trois heures de visite, nous sortons de l’autre côté de la montagne et assistons à la démonstration de l’explosion d’une dynamite à l’extérieur.

 

Préparation de la dynamite 1

 

Nous venons de passer un moment hallucinant. Des hommes se tuent au travail pour des sommes d’argent dérisoires.

 

Un peu plus d’une centaine de mines fonctionnent encore dans le Cerro Rico et font travailler plus de 5000 personnes. Elles sont exploitées par les mineurs, organisés en coopératives. Chacun est responsable de sa concession et de sa production, le rendement est toujours aussi faible. A Potosi, les mineurs continuent de travailler avec des moyens rudimentaires, la dynamite en plus, et progressent de 50 centimètres par semaine pour les plus vaillants.

 

Maisons des mineurs 1

 

 

Aucune protection sociale et, en plus, le mineur doit soustraire de son salaire déjà dérisoire l’achat du carbure de calcium (qui sert à faire fonctionner les lampes) et la dynamite utilisée pour faire sauter les veines de minerai.

 

Invitation à un anniversaire

 

 

Autre temps, autre monde. Jacqueline vient nous chercher dimanche après-midi et nous conduit chez elle.

 

Anniversaire nièce Jacqueline 7

 

Deux heures durant, la famille arrive (Jacqueline a 7 frères et sœurs et une flopé de neveux et nièces). Tandis que nous bavardons avec les uns et les autres, Léa et Tim sont rapidement pris en charge par les enfants et jouent une partie de foot dans la courette de la maison.

 

Puis vient le temps du goûter. Les enfants (entre 15 et 20) sont installés autour d’une table immense, sont servis en chocolats chauds et petits cadeaux.

 

Anniversaire nièce Jacqueline

 

La petite Camilla souffle ses 4 bougies. Ses parents et sa grand-mère font un petit discours de remerciements, de vœux de bonne santé, prospérité et chance, en ne manquant pas de formuler une intention chaleureuse à notre égard.

 

Puis c’est aux adultes de prendre place autour de la table et de déguster les nombreux gâteaux confectionnés à cette occasion, arrosés là aussi de chocolat chaud, tandis que le tonton s’occupe de faire danser les enfants. La pignada lâche pleins de surprises sur lesquels les enfants se ruent.

Le moment du départ est là et pour Léa et Tim, il est difficile de s’extraire de cette ambiance, de cette maison et ses habitants qui leur donnent envie de revenir.

 

Visite du musée du couvent Santa Teresa

 

 

 

 

Musée Santa Teresa 001

 

L’édifice a été entièrement restauré. C’est un couvent de l’ordre des Carmélites construit entre 1685 et 1692 et qui coûta 2000 pièces d’or. L’endroit est décoré de tableaux des meilleurs peintres baroques de l’époque presque exclusivement grâce aux dotes.

 

Musée Santa Teresa 030

 

Aujourd’hui, il reste une dizaine de sœurs qui vivent dans une partie récemment construite.

Autrefois, seuls les nobles et riches familles espagnoles pouvaient envoyer leur fille car la dote était très élevée. Elles rentraient à l’âge de 15 ans et n’en sortaient plus de leur vivant ni de leur mort car elles étaient placées dans des cercueils qui reposaient sous le plancher d’une salle de prière.

Le système de cloître, aboli en 1963 seulement, nécessitait toute une organisation militaire pour que les sœurs puissent subsister en complète autarcie.

 

Musée Santa Teresa 009 Musée Santa Teresa 034

 Musée Santa Teresa 022 Musée Santa Teresa 015

 

 

Nous avons visité la chapelle, une cellule, la cuisine, le réfectoire, l’infirmerie, le parloir et autres lieux de travail de broderie, tout en déambulant dans les deux cloîtres, dans l’un desquels gît le plus vieux pommier de Bolivie.

 

Musée Santa Teresa 008

 

Visite de la Casa de la Moneda

 

Cet édifice est le plus grand et le plus important bâtiment civil colonial des Amériques. C’est ici que l’on frappa la monnaie bolivienne jusqu’en 1869, sur d’antiques matrices activées par des esclaves d’abord, par des chevaux ensuite.

 

Casa de moneda 024

 

La visite nous a émerveillés car la casa de la Moneda regroupe une riche collection de pièces de monnaie, de peintures, de sculptures, de robustes laminoirs aux supports de chêne encore intacts, des machines à vapeur, qui effectuèrent le travail de 1869 à 1909, des meubles coloniaux et d’autres objets provenant de fouille archéologiques, ou ayant trait au folklore.

 

Casa de moneda 028 Casa de moneda 045

 

Casa de moneda 017 Casa de moneda 032

 

Pendant cette semaine à Potosi :

 

Léa a eu le bonheur de communiquer par Skype avec l’ensemble de sa classe de l’école de Laissaud.

 

Residence Felcar 7 Résidence Felcar 5

 

Un rendez-vous bien préparé par sa maîtresse a assuré la qualité de ce partage. Nous lui en sommes très reconnaissants et Léa en est très heureuse car l’école et ses camarades lui manquent.

 

Tim s’est complètement rétabli mais conserve un appétit de moineau.

Anne-Claire tousse encore et commence à en avoir assez du froid et du manque d’oxygène dus à l’altitude. Il nous faut donc avancer vers l’Argentine.

 

 Nous décidons de reprendre la route pour Tupiza, en envisageant de remettre Fanlabise et Cassbizou sur un camion, vu le parcours qui nous attend (un petit peu d’asphalte et plus de 250 kilomètres de piste de terre et de pierres) et toujours à haute altitude.

 

Tour de la compagnie de Jésus 9

 

 

 

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 09:02

Du mercredi 15/09 au vendredi17/09

 

1er jour :

 

A 9h00, tout le monde est fin prêt. Sans avoir à nous préoccuper de toute la logistique, nous nous glissons dans le 4X4 que Freddy a chargé pour 3 jours d’excursion. Nous prenons le départ, excités à l’idée de découvrir ce lieu dont on a tant entendu parler, et maintes fois décrits dans les guides.

 

Après quelques kilomètres en direction du Chili, sur une route asphaltée, longeant le lac Uru Uru, sur lequel batifolent en toute tranquillité des flamands roses, nous atteignons Toledo et bifurquons plein sud sur une piste de terre et de cailloux.

 

Flamencos du lac Uru Uru 2

 

La route est chaotique, l’aventure commence.

 

Nous sommes encore à 250 kms du salar, perdus dans un décor désertique, loin de la civilisation, longeant quelques maisons isolées d’irréductibles boliviens, qui vivent d’on ne sait trop quoi.

 

 

Autour du lac Uru Uru 022 Autour de San Martin 024

 

D’un coup, par la fenêtre, Léa entend « pschitt » : c’est la première crevaison. Allez, tous au boulot : pendant que Freddy change la roue, Marc vérifie la platitude de la piste.

 

1 ère creuvaison 2

 

Nous repartons et apercevons au loin à notre droite le mont Sajama, le plus haut sommet de Bolivie qui culmine à 6540 m. Quelques kms plus loin, la route s’élève et Freddy arrête le 4X4 pour nous montrer le point de vue. Et là « pschitt », nouvelle crevaison. Deuxième et dernière roue de secours. Nous sommes encore loin du salar et l’inquiétude se fait grandissante, même si Freddy ne le montre pas trop.

 

Nous traversons une zone où paissent des alpagas, d’une variété unique par la couleur noire de leur laine.

 

Après 3H30 de route, nous arrivons à Andamarca. Tout le village est en fête : hommes et femmes s’alcoolisent, en mâchant des boulettes de feuilles de coca.

 

Fête à Anda Marca

 

Toutefois, Freddy parvient à dénicher le réparateur de pneus, encore suffisamment sobre pour réparer les deux crevaisons. Pendant ce temps, nous déballons table et tabourets et apprécions le pique nique, sur fond de fanfare aux notes approximatives.

 

Pic nic à Anda Marca 1

 

Après la photo de famille avec le maire, sa femme et l’instituteur, nous récupérons les deux roues et repartons vers le salar.

 

Au loin, nous apercevons le volcan Tunupa, 5400 m, puis nous nous en approchons, nous le contournons, grimpons sur ses flancs, arrivons à un petit col et de là, nous jetons nos premiers coups d’œil sur le salar !!! Spectacle insolite, surréaliste !

 

Autour de San Martin 020

 

Nous descendons la piste très caillouteuse pour arriver au petit village de Jirira, qui s’étale à l’ombre du volcan. Les familles ici vivent de quelques hectares de quinoa et de leurs troupeaux de lamas.

 

Nous nous garons à la Posada Dona Lupe, l’unique hôtel et prenons nos quartiers. Nous y rencontrons un groupe de français, passionnés de montagne et dont l’un des couple habite à Brison Saint-Innocent.

 

Tim se lie d’amitié avec Poli, le perroquet vert. Léa fait des dessins avec toute sorte de matériaux trouvés (pierre blanche, herbes, etc).

 

Poli

 

Après le repas chaud concocté par Freddy, nous nous couchons avec la ferme intention de mettre le réveil pour aller assister au lever du soleil sur le salar.

 

2ème jour :

 

Alors que tout le village dort encore, nous pénétrons sur le salar à la lumière de nos frontales et du jour qui pointe. Vers 6h27, nous sommes prêts pour le spectacle. C’est grandiose tout simplement… 

 

Lever du soleil 024 Lever du soleil 043

 

De retour au village, nous réveillons les enfants pour le petit déjeuner et Poli se charge de faire le spectacle sur les épaules de notre Timou, qui fait preuve d’un grand courage, car Poli est un peu polisson et n’hésite pas à mordre, à pincer de son petit bec crochu oreilles, doigts, qui se trouvent à sa portée.

 

Tim et Poli

 

Avec beaucoup de patience et de ruse, nous parvenons à déloger Poli de l’épaule de Tim, non sans mal.

 

Peu après, nous montons dans le 4X4 et entrons sur le salar de Uyuni. OOUUHHAA…Que de blanc !!! Certains l’appellent le « Ténéré blanc ». C’est un immense désert de sel, le plus grand du monde, 12500 Km2 situé à 3650 m d’altitude.

 

Ile Incahuasi 001

 

Sur 40 à 120 mètres d’épaisseur, alterne les couches de sel et de sédiment. Chaque couche de sel fait entre 10 et 14 mètres.

 

Par endroit nous pouvons voir l’horizon à l’infini d’une planéité parfaite, une ligne si droite qu’elle laisse apercevoir la courbe de notre planète.

 

C’est un paysage fabuleux d’une grande quiétude. Nous y ressentons un sentiment de solitude mais aussi de tranquillité car si ce salar est traversé par de nombreux 4X4, son immensité est telle que nous n’en croisons aucun et que nous les rencontrons seulement lorsque nous atteignons un site à visiter.

 

Après une heure de route nous arrivons dans un secteur non loin d’Uyuni où des hommes piochent, creusent pour charger des camions de sel à destination d’une usine qui le traitera et y incorporera de l’iode.

 

Le salar de Uyuni 059 Le salar de Uyuni 044

 

Nous apprenons aussi que, selon les experts, sous la croûte de sel gît plus de la moitié des réserves mondiales de lithium. Ce métal alcalin, d’un blanc argenté, intéresse l’industrie mondiale et les fabricants de batterie des voitures électriques de la nouvelle génération.

 

Il est question de l’exploiter mais le site est pour le moment protégé. Actuellement, Evo MORALES, Président de la Bolivie, voudrait faire du lithium un facteur majeur de développement pour son pays.

 

Cette région pourrait être bouleversée et défigurée si cette exploitation venait à débuter.

 

Plus loin, nous nous arrêtons à l’hôtel de sel, le dernier édifice en place sur le salar, aujourd’hui transformé en musée.

 

Hotel de sel 029 Hotel de sel 007

 

En 2007, une grande fête a été organisée sur ce lieu en présence du ministre de la culture pour lancer le salar de Uyuni comme grande destination touristique.

 

Hotel de sel 014

 

Comment pourront cohabiter à l’avenir, les intérêts politiques et économiques avec la protection de l’environnement.

 

A 13h00, nous atteignons l’île d’Incahuasi dont nous gravissons le sentier aménagé. Quel spectacle que de voir le salar vu de haut et à 360°.

 

Ile Incahuasi 021 Ile Incahuasi 011

 

Les cactus atteignent pour certains 12 mètres de haut et croissent de 2 cm par an… c’est pour dire leur grand âge. A notre retour, la table est dressée et nous profitons d’une longue pose pour nous restaurer.

 

Au moment du café nous apercevons une famille en voyage. Enfin des enfants sur les routes du monde.

 

Ile Incahuasi 053

 

Nous échangeons avec Elise, Mickael, Ninon et Faustine de nos expériences de voyage, eux à pied, nous en tandems. Les enfants commençaient à peine à jouer ensemble, heureux de se parler en français, qu’il nous faut déjà nous quitter.

 

Sur le chemin du retour, nous faisons une halte sur l’isla del Pescado, semblable à sa voisine, elle reste à l’état sauvage.

 

Ile del Pescado 007

 

Nous y trouvons du corail mort sur les rochers, ramassons du quartz. Nous trouvons même une carapace de tatou, emblème d’Oruro, avec laquelle les boliviens fabrique le charango (petite guitare).

 

Dernières photos avant de quitter l’île, avec Léa qui se plaît à supporter sa mère et son frère…

 

Illusion 005

 

avec légèreté du bout des doigts, à moins que ce ne soit Marc qui supporte ses enfants...

 

Illusion 002 Illusion 010

 

                                                                     ... ou encore Léa et Tim qui supportent leur mère.

 

Partis en oubliant Tim, il nous rattrape quelques 50 kms plus loin, un petit peu essoufflé.

 

Illusion 011 Illusion 019

 

De retour, à l’hôtel, nous discutons avec Freddy de l’idée de monter en 4X4 sur les flancs du volcan le lendemain matin avec le projet de continuer à pied jusqu’à un mirador… Tout ceci en un temps chronométré car il nous faut faire le chemin du retour.

 

3ème jour :

 

Comme convenu, l’ascension du volcan Tunupa au petit matin, après une montée périlleuse, est un pur bonheur.

 

 

Lever du soleil 056

 

Pendant que les enfants finissent leur nuit dans le 4X4, nous gravissons les flancs du volcan jusqu’à l’altitude de 4444 mètres. Nous jouissons d’une belle vue sur le village de Jirira et sur le salar qui s’illumine des premiers rayons du soleil.

 

Sur le chemin du retour, nous faisons une halte devant le cratère du météorite du Ayukota dans lequel paissent des troupeaux de lamas, d’alpagas et de moutons.

 

Cratère du météorite Ayukota 009

 

Après 180 kms de piste en travaux, nous retrouvons la route asphaltée qui nous ramène à Oruro.

 

Sonia nous accueille avec un repas fait maison : spaghetti bolognaise et gâteau au chocolat.

 

Jour du départ 010

 

Le lendemain, nous hésitons longuement à quitter Oruro, Freddy et Sonia car Tim est fiévreux au petit matin. Marc a prévu des étapes raisonnables. Il s’engage à pédaler pour deux et décide du départ en milieu d’après-midi.

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 00:58

 

  Du samedi 11/09 au lundi 13/09 : La Paz – Oruro, 235 kms à 3700 m.

 

Le départ matinal de Lucile pour l’aéroport et notre volonté de rouler avant l’heure de pointe nous incite à nous lever à 5h00 et à décoller de l’appartement à 7h00. Nous décidons de quitter La Paz en empruntant l’artère centrale de la ville, qui est la moins pentue et équipée d’une bande d’arrêt d’urgence, sur laquelle nous roulons.

 

Sortie de La Paz 010

 

13 kms d’ascension et 900 m de dénivelée en 2 heures afin d’arriver à 4200 m à El Alto.

 

Nous quittons le « chaudron » avec une certaine émotion car cette ville a laissé une empreinte indélébile. Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité malgré la vie grouillonnante, l’agitation permanente.

 

Comme à l’arrivée, la traversée de El Alto est délicate car il y a beaucoup de monde. La pollution nous agresse la gorge ce qui nous incite à appuyer sur les pédales pour retrouver l’air pur. Nous avalons les kilomètres, en lignes droites et légèrement vallonnés, à vive allure. Rapidement nous retrouvons le désert de l’altiplano et une certaine forme de monotonie.

 

Sur la route 009

 

Après la pause travail scolaire et pique nique, le vent se lève froid et déstabilisant. Nous devons nous arrêter à chaque passage de bus et de camions tellement les appels d’air sont dangereux et nous déportent.

 

Au bout de 75 kms, nous atteignons le village de Villa Loza, et rejoignons Eric et Anita, un couple cycliste autrichien, qui nous a déposé dans la montée de La Paz. Comme eux, nous nous installons dans l’unique hôtel du coin.

 

Bizarreries 002

 

Nous découvrons quelques bizarreries dans une vitrine que les boliviens exhibent comme des trophées. Douche, suivie d’une soupe aux nouilles dans la chambre avec notre réchaud qui fonctionne bien dorénavant.

 

Le lendemain, nous partons tôt afin d’éviter de rouler sous les bourrasques de vent. Lorsqu’il se lève, nous l’avons dans le dos et volons à 35 km/h. Mais de côté et de face, il nous faut adopter la même stratégie que la veille. Léa et Tim sont nos guetteurs et nous préviennent, selon un code mis au point, de l’arrivée par l’arrière de camions, bus, collectivos ou voitures.

 

Nous nous arrêtons dans un « alojamiento » encore plus sobre que les précédents : pas de toilette, pas d’eau, une chambre à un lit pour 4. Mais lorsque la tempête fait rage, nous sommes bien contents de notre refuge en dur qui nous met à l’abri du froid et de l’humidité.

 

 Sur la route 021

 

Après une nuit agitée, où nous avons mal dormi, nous repartons sur les tandems avec les mêmes bases que celles des deux précédents jours. Les paysages sont monotones, mais il fait grand beau temps et toujours bien froid, nous sommes toujours à 3700 m. Nous portons la cagoule et les gants en soie, plus les moufles de ski. La route s’étire à l’horizon d’une platitude surréaliste. On pourrait y laisser notre peau, c’est ce qui est arrivé à d’autres.

 

Sur la route 030

 

Lundi, vers 13h00, nous atteignons Oruro et sommes accueillis par les statues commémorant le plus grand et le plus pittoresque carnaval de la Bolivie. C’est d’ailleurs pour ce carnaval extraordinaire aux couleurs éclatantes, que la ville de Oruro est classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

 

 

Oruro 014 Oruro 012

 

Oruro 010 Oruro 022 Oruro 017 Oruro 018

 

Tous les ans en février, les anges diaboliques et multicolores investissent la ville, accompagnés de 10000 autres danseurs richement parés, pour l’une des fêtes les plus intenses de l’Amérique latine. Ils exorcisent toute la violence d’une histoire injuste avec les plus belles danses du continent. Ce carnaval trouve ses racines dans les croyances indiennes de l’altiplano et dans les ruines de la domination espagnole.

 

Nous faisons le travail scolaire dans un parc avant de chercher la casa de Freddy, qui nous attend depuis notre coup de fil donné de La Paz. Nous avons eu les coordonnées de Freddy grâce à Annie et Lionnel, leurs voisins Claude et Pierre, qui l’ont accueilli en France par le passé.

 

C’est vers 16h00 que nous sonnons à son portail.

 

Freddy et Sonia

 

L’accueil est très chaleureux. Sonia et Freddy, avec leur fils, Luis, nous ouvrent leur maison, et nous installent dans deux chambres confortables et très bien équipées (salle de bain avec eau chaude, TV, couettes). Du grand luxe pour les voyageurs que nous sommes.

 

Le soir, nous partageons une pizza à leur table et continuons de faire connaissance, et échangeons sur nos expériences.

 

Chez Sonia et Freddy 001 Chez Sonia et Freddy 002

 

Une fois Léa et Tim endormis dans les bras de Morphée, nous questionnons Freddy sur ses prestations d’accompagnateur de tours en 4X4, et n’hésitons pas longtemps à conclure un tour avec lui. Départ après demain, pour le salar de Uyuni, en 3 jours.

 

Mardi 14/09 : Journée de repos, démarches et visite de la ville.

 

Nous visitons Oruro et découvrons quelques uns de ses visages insolites :

 

            La voie ferrée qui emprunte une des avenues centrales d’Oruro. Une fois le train passé, les commerçants investissent la voie pour étaler leurs marchandises.

 

Oruro 024

 

            L’accès au musée de la mine se fait par la crypte de l’église Sanctuario de la Virgen de Socavon.

 

Oruro, musée de la mine 012

 

           Un rassemblement populaire sur les gradins, au pied du monument au mineur révolutionnaire, probablement pour organiser une nouvelle manifestation.

 

Oruro 051

 

            Les fœtus de lama, en vente dans les kiosques parmi les biscuits. Les familles les achètent pour faire des offrandes à la Pachamama, la déesse de la terre, dans l’intention d’améliorer leur propre fertilité.

 

 

Foetus de lama 005

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 18:56

   Du lac Titicaca à La Paz

 

Mercredi 01/09 et jeudi 02/09 : 112 kms, entre 4000 m et 3600 m.

 

Nous quittons San Pablo peut-être un peu trop vite, car au bout de 3 kms de montée, Tim s’aperçoit qu’il manque à Cassbizou sa béquille. Nous déchargeons le tandem sur fond de quelques jurons et Marc repart à sa recherche. Le vélo est si léger qu’il manque de tomber les premiers mètres et doit rechercher un nouvel équilibre, ce qui fait bien rire les enfants.

 

Pendant ce temps, nous faisons la rentrée scolaire au bord de la route.

 

2 La rentrée scolaire 1 2 La rentrée scolaire

 

Mais Marc est si rapide que les nombres de 1 à 30 n’ont pas le temps de finir de danser avec Tim, et que les unités de mille redonneront rendez-vous à Léa plus tard.

 

Lucile est malade mais elle avance vite sur son vélo et nous la retrouvons un peu plus loin. Nous quittons la vue sur le lac Titicaca et nous nous éloignons de plus en plus du berceau de l’humanité.

 

1 Le lac Titikaka 1

 

Il fait froid et après 65 kms, nous nous arrêtons à Palcoco dans un « alojamiento » pour la nuit. La femme nous propose deux chambres, donnant sur la cour, au sol en terre battue avec un et deux lits. Léa et Tim partagent la chambre avec Lucile.

 

1 Cinéma à Palcoco

 

Quand à nous, nous devons dormir en quinconce tellement le lit est étroit. Inévitablement vient le moment où l’un de nous a besoin d’aller aux toilettes et avec une évidence déconcertante, on nous répond que les toilettes sont…dans la rue. Nous sommes tous très courageux de jouer le jeu : il nous faut sortir de la cour, faire 20 mètres dans la rue, se faufiler entre deux murs, essayer de se cacher, trouver où poser les pieds, se boucher le nez tout en tenant le rouleau de papier, ne pas vaciller…sur un monticule où les poules ne vont même pas.

Quant à l’eau, elle est courante, au robinet situé au milieu de la cour.

 

1 Palcoco

 

Après une mauvaise nuit, pour les besoins du petit matin, personne n’a le goût de retourner sur ce tas et nous attendons les premiers kilomètres pour aller là où bon nous semble, dans la pampa. Quel bonheur, quelle propreté et quel confort !

 

Nous reprenons la route, motivés pour arriver à la Paz en milieu de journée. Motivés et aussi soucieux, car on nous a tenu des propos inquiétants quant à l’approche de cette ville.

 

Après des kilomètres de lignes droites, où nous roulons à vive allure, c’est sous quelques gouttes de pluie que nous atteignons les premiers aménagements urbains. Nous entrons dans un chaos, impressionnant : El Alto, la ville périphérique qui accueille la majorité de la population indienne pauvre, située à 4200 mètres d’altitude et balayées par les vents glacials de l’altiplano. On nous conseille d’aller par là, non par ici ou plutôt par là, on se trompe, on se faufile entre les véhicules, les gens, traversons le marché. On se retrouve coincés dans un bouchon, et même sur les trottoirs, c’est le blocus. Incroyable ! Alors nous attendons patiemment que la circulation se débloque. Au détour d’un édifice, une trouée dans ce chaos et dans les nuages nous laisse entrevoir….le chaudron !!!! La Paz, là, en bas !

 

La Paz 065

 

Nous sommes époustouflés, impressionnés et les cieux nous baptisent d’un grésille qui nous glace   mais le hasard nous met sur une route secondaire assez calme et peu fréquentée pour descendre dans les entrailles de cette ville.

 

La Paz 1

 

L’arrivée dans le centre historique de La Paz, situé autour de la plaza San Franscisco se fait de manière plutôt agréable hormis qu’il fait froid. Toujours sous la pluie, nous cherchons un hôtel non loin de « la casa des cyclistas », où est attendue Lucile. Les recherches sont vaines car soit il n’y a pas de place, soit c’est trop cher. Nous décidons d’aller tous les 5 à « la casa des cyclistas » et sommes chaleureusement accueillis par Christian et Louisa.

 

Chuquiago bike café 002 Chuquiago bike café 006

 

Le Chuquiago bike café est ouvert depuis plus d’un an et permet de se poser dans un lieu convivial pour manger, boire, rencontrer d’autres cyclos et non cyclos, et d’organiser ses futures expéditions. C’est aussi un cyber café. Tout y est. Nous prenons le temps de savourer la french quiche et de se réchauffer avec un bon maté, de lire nos mails.

Christian propose de nous prêter un appartement pour nous 5. A la tombée de la nuit et dans un trafic urbain important, nous nous y rendons.

 

Quartier des universités, une vieille maison coincée entre des immeubles modernes, 3 appartements, seul un est habité par Carmen, la tante de Christian.

 

Nous découvrons ce qui sera notre logis pour quelques jours. L’appartement est non meublé, hormis deux fauteuils sales, et une étagère, dans un état insalubre car les locataires précédents n’en ont pas pris soin, mais il y a la lumière et l’eau chaude dans la salle de bains, le grand luxe ! Les parquets accueillent nos couvertures de survie, matelas, duvets.

 

Nous sommes jeudi 02 septembre, arrivés à La Paz sans encombres, logés dans un appartement pour 10 bolivianos par personne… le concert peut commencer « plaza del estudiante », suivi du feu d’artifice.

 

La Paz 12

 

On pourrait croire que tout est fait pour fêter notre arrivée, et c’est sur ce rêve que nous nous endormons.

 

Séjour à La Paz

 

Du vendredi 03/09 au samedi 11/09

 

Les 3 premiers jours, repos et découverte du quartier, sous un temps tantôt pluvieux, tantôt ensoleillé.

 

La Paz 068 La Paz 005

 

Nous allons à l’Alliance Française emprunter des livres, à l’Ambassade de France pour nous déclarer. Lucile, toujours bien malade se rend chez un médecin. Tim se plaint de mal à l’oreille et nous devons consulter un généraliste puis un ORL. Rien de grave mais son état nécessite un traitement.

 

Balade jusqu’à un parc pour enfants, où nous trouvons un crocodile en liberté, et nous faisons une partie de jeu d’échecs géants.

 

La Paz 035 La Paz 052

 

Nous n’oublions pas de fêter l’anniversaire de Marc, en présence de Lucile et de Carmen, avec pour cadeau du gruyère et du roquefort trouvé dans un supermarché !

 

Anniversaire Marc 003

 

La présence de Carmen nous apporte l’aide matérielle (vaisselle, chaises). Elle nous laisse son appartement pour accéder à internet. Elle nous donne plein d’infos et ses conseils sur les visites à faire. Mais surtout, ayant vécu 15 ans en France (où vivent ses enfants et petits-enfants), elle parle très bien français. Nous aimons l’écouter nous raconter son histoire et découvrir ses passions.

 

Chez Carmen 011

 

Une après-midi, quelle n’est pas la joie de Léa et Tim de l’entendre proposer une tartine de nutella !!! Il reste dans son placard un pot rapporté de France, entamé il y a plus d’un an et dont la saveur est encore intacte ! Un régal pour petits et grands.

 

Une des filles de Carmen vit en Nouvelle Calédonie, et nous acceptons sans hésiter de lui porter une enveloppe, qui d’ici là va faire le tour de la terre avec nous. Carmen ne connaît pas la Nouvelle Calédonie et espère bien s’y rendre un jour. En attendant, nous ferons les messagers pour elle.

 

Mardi, nous partons visiter la Vallée de la lune, située en contrebas de La Paz, ce qui nous permet de voir la capitale d’en bas. Nous traversons « la Californie », quartier chic qui se situe 800 mètres plus bas que El Alto.

 

La vallée de la lune est une formation géologique qui doit son aspect lunaire à l’érosion, plusieurs fois millénaire, par le vent et la pluie.

 

Vallée de la lune 016

 

Cette promenade au milieu des cheminées de fées est réellement féerique.

 

Nous poursuivons jusqu’au zoo de La Paz pour y rencontrer quelques pumas, condors, tortues, ours, singes et autres lamas, vigognes, alpagas etc.

 

Parc zoologique 005 Parc zoologique 021 Parc zoologique 018 Parc zoologique 043 Parc zoologique 028 

 

Christian nous y rejoint et nous accompagne par la suite pour visiter la maison de son père, qu’il prête aux cyclistes de passage. Aujourd’hui, cette maison a l’allure d’un musée où sont exposées d’innombrables peintures et autres œuvres que son père peignait, dessinait, créait tous les jours.

 

Avec Christian 006

 

Nous décidons d’ailleurs d’échanger Fanlabise et Cassbizou contre un scooter sur lequel nous tenons confortablement tous les 4…

 

 

Avec Christian 013

 

....mais nos tandems se rebellent. Nous continuerons donc avec eux.

 

Mercredi, nous partons à la découverte des musées de La Paz.

 

Le musée national d’ethnographie et du folklore est installé dans le palais Villaverde. Datant du XVIII siècle, il a été déclaré Monument national en 1930. De structure coloniale, il est construit autour de deux cours, dont la principale offre une belle façade sculptée.

 

Musée ethnologique et folklorique 065

 

On se promène dans la salle des textiles, qui montre l’art du tissage lié aux différentes ethnies. On peut encore y voir un indien scotché au métier.

 

Musée ethnologique et folklorique 024

 

La salle des masques rassemble une collection magnifique que Tim prend en photos. Ils proviennent des différentes régions de Bolivie et en particulier d’Oruro où chaque année se déroule le carnaval le plus important du pays.

 

Musée ethnologique et folklorique 049 Musée ethnologique et folklorique 033 

Musée ethnologique et folklorique 037 Musée ethnologique et folklorique 048

 

La salle des céramiques montre les différentes techniques et les origines ethniques de cet art ancien et unique. A l’extérieur nous admirons les quatre cruches dont deux proviennent d’Europe.

 

Musée ethnologique et folklorique 095

 

La salle des plumes contient des plumes : incroyable n’est ce pas ?!! C’est l’art de la plume par excellence qui décore des lances, des flèches, des chapeaux, des parures et même des sous-vêtements.

 

Musée ethnologique et folklorique 076

 

Les musées Costumbrista, de l’Or, et la casa de Murillo quasiment attenants les uns aux autres sont assez complémentaires. Ils donnent une approche vivante et imagée de l’histoire et du folklore de la Bolivie.

 

Musée de l'or 003 La maison de Los Pacenos 003

 

 Après cette journée de visite, Lucile, terrassée par son problème de santé rentre avec les enfants à l’appartement ce qui nous donne quelques espaces de liberté pour arpenter La Paz, cette incroyable capitale. De jour en jour, nous nous y sentons de mieux en mieux, apprenant à la connaître et à l’aimer.

 

Place Murillo 007

 

Dominée par un des plus beaux sommets de la cordillère royale, l’Illimani, c’est une ville en pleine effervescence, qui se développe, se construit, se modernise.

 

La Paz 057

 

D’attaque pour aucun exploit sportif, Lucile nous propose de garder les enfants jeudi, le temps pour nous de descendre la route de la mort en VTT car nous voulons ménager les tandems et nous octroyer une journée d’ivresse sans exposer les enfants qui d’ailleurs ne demandent pas à nous suivre.

 

Partis de bonne heure avec une agence conseillée par Christian, nous sommes déposés par un bus à la Cumbre, à 4700 mètres d’altitude.

 

Route de la mort 1

 

Route de la mort 12 Route de la mort 13

 

Après une mise en jambe sur route asphaltée, nous dévalons à vive allure les premiers kilomètres de cette route de terre connue pour avoir été extrêmement dangereuse lorsque les camions l’empruntaient et se croisaient au risque de tomber dans le ravin. Elle était considérée comme la route la plus dangereuse au monde.

 

Route de la mort 16

 

 Route de la mort 23 Route de la mort 32

 

Nous la dévalons à vive allure, cadre à terre, frôlant la mort à chaque virage. La descente est enivrante, périlleuse. A plusieurs reprises nous nous arrêtons à quelques millimètres du précipice, la roue avant parfois dans le vide.

 

Route de la mort 28

 

Les saltos avant succèdent aux sauts périlleux arrière dans une maîtrise implacable comme lorsque nous avions vingt ans.

 

Route de la mort 34

 

Après 63 kms de pure folie, nous arrivons éreintés mais heureux à Yolosa, à 1200 mètres d’altitude, dans une chaleur écrasante qui nous contraint à une baignade salvatrice.

 

Route de la mort 42 Route de la mort 45

 

Pour le retour, nous empruntons la nouvelle route dont les derniers tronçons sont sur le point d’être asphaltés.

 

Le jour suivant, retour à la réalité avec courses, nettoyage des tandems, préparatifs pour un départ de La Paz le lendemain. Lucile, quant à elle, se décide à rentrer en France pour se faire soigner.

 

La Paz 047

 

Nos routes se séparent là alors que nous rêvions de faire encore un bout de chemin ensemble. Tout comme nous, les enfants sont tristes de ce choix mais nous comprenons sa décision qui semble être la meilleure pour elle.

 

Route de la mort 49     Chuquiago bike café 003     Route de la mort 50

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